Lunaria n'a pas été fabriquée. Elle a poussé
Pendant trois semaines, le mycélium du Reishi noir — le champignon que la tradition taoïste appelle l'immortel — a colonisé un substrat de fibres suisses. Quand sa forme s'est tenue, nous l'avons séchée. Ce qui reste est un disque de 45 centimètres. Vivant, puis figé. Une pièce, une seule, jamais reproduite à l'identique.
Au mur, ou au plafond, Lunaria n'éclaire pas. Elle veille.
Une ampoule à calotte d'argent se loge en son centre et renvoie la lumière vers le disque. De là, le halo se déploie en arrière, contre la paroi, comme la lueur d'une lune basse derrière un nuage. Allumée, elle adoucit la pièce. Éteinte, elle reste — une présence sculpturale, dense, terreuse.
Toutes les Lunaria viennent du même champignon. Aucune n'a la même peau.
Le mycélium dessine ses propres reliefs au fil de sa croissance — marbrures du blanc crème au brun profond, fragments de fibres apparents, micro-cratères laissés par les jours de pousse plus intense. Il n'y a pas de défaut, il y a une signature. Matière vivante séchée. Biosourcée, biodégradable. Sans liant synthétique.
Cultivée à Montet, canton de Fribourg en Suisse
Souche, substrat, séchage, finition : tout se passe sous le même toit. FongiFlore est un atelier suisse qui explore le mycélium comme matière de l'habitat, de la santé et du vivant.